Les paroles

Un projet commun

Sur une idée de Boris Fringeli, directeur du la Cécilienne et syndic de Haut-Intyamon, trois sociétés se lancent dans l’initiative d’un projet de spectacle musical appelé à commémorer le 150e anniversaire de l’incendie du village d’Albeuve. Ces ensembles ont saisi l’occasion de cet anniversaire pour réaliser un vieux rêve :

Monter un projet commun, capable de mettre en évidence leurs qualités musicales et leur engagement au service de la communauté. Ils rassemblent pas moins de 120 interprètes, conduits par trois directeurs qui sont des professionnels dans le domaine musical.

Afin de disposer de toutes les forces nécessaires au spectacle, il est envisagé de puiser dans les acteurs locaux pour interpréter les divers personnages du spectacle.

Chant «Plus que cendres»

Ces rumeurs de laine brûlée
Le silence étouffé crépite encore
Comme une onde sans voix
qui vous prend à la gorge
Nos pas vont sans aller
les mots ont perdu leur chemin
Au cœur de ce mois de juillet
il nous vient un froid de décembre

Il a suffi d’un rien
d’une braise assoupie
qui soudain se réveille
Une étincelle affolée
sous la toile d’araignée

Il était de paille tressée
le soleil de nos veillées
Il n’y a plus que la nuit
des yeux rougis, des mains de suie
les os secs des chevrons
plantés dans le ventre du foin

Au pied du berceau dévasté
la dentelle n’est plus que cendre

Il a suffi d’un rien
d’une braise assoupie
qui soudain se réveille
Une étincelle affolée
sous la toile d’araignée

Chant «Dies irae»

Trop lourds à nos épaules
ces temps amers et noirs
Sur nous, ô Dieu du Ciel
ta main s’est abattue

Pourquoi, dis-nous pourquoi
devoir payer ce prix
Qu’avons-nous fait dis-nous
De quoi sommes-nous coupables

Sais-tu à quels vertiges
Ô Dieu tu nous suspends
Comment guérir nos peurs
quand la fontaine est vide

Les jours heureux brisés
Levés les poings serrés
Le temps se ferme en nous
Comment prier encore

Chant «Deminze»

In chi dzoua dè pé
Bènidè chê le chono
Ke no robè ou mondo

A vouthra Lumyére, mon Dyu,
Chu chi bantsè dè hyuva
Nouthrè man pèjantè,
L’ârma ètharbalâye

Ma no j’an rètrovâ
Nouthrè tsemijè byantsè,
Lè tsan dè nouthron dzouno tin
Inke, ti inthinbyo,
No j’an rètrovâ
Le tin de la konfyanthe
Ke no j’a rèbayi la fouârthe dè vivre.

Chant «Lè dzihya litya»

Dou fin fon di chovinyi,
Ou dzoua d’ora, on pou achoroyi
Dèjo la banyére di Dzihya-litya,
Lè chobretyè rèthrànon adi
Êrbivouè è chè famiye : kemin chè dèbortoyi ?

Hou a Dyondyon, a Bounè, a Féhu,
a Nène, a la Nère, a Djidje, a Gangan,
hou au Grand, a Chorka, a Bachè, a Ch’mon, a Mono

On se souvient de Cunà, Cagnâ, Botoyon, Péto le tapa-fê, Dupré, Garo,
Gaufrette è Pétola, Poteau, Yok, Lunô, Plongeu, Loulou, Caillou, Kiki,
Grêlon è cha Grêlone dèvan la rèthe dè Tsalandè, Piôle, Stock, Vava, Vouèvouè,
Gintess, Tortson, Prechè, Capsule, Monopole è La Boule

Hou a Dyondyon, a Bounè, a Féhu,
a Nène, a la Nère, a Djidje, a Gangan,
hou au Grand, a Chorka, a Bachè, a Ch’mon, a Mono

N’àbyin pâ Tek è Titan, Plexy, Belo, Yokè, Tsimi, Boudji, Fourbi,
Cake è Jocko, Chico, Vico, Korbé, Pomette è Quam, Bébéf, Bébus, Tide è Petz,
Potche è Cuche, Polinta, Béloumi, Smirnoff, Nini, Ninè, Les Slasses

È Nisou, pachke fô bin ‘na fèmala din chi mèhyo d’omo

Hou a Dyondyon, a Bounè, a Féhu,
a Nène, a la Nère, a Djidje, a Gangan,
hou au Grand, a Chorka, a Bachè, a Ch’mon, a Mono

Ouna litani por adèbon
La lichta lè onko pechinta
Lè dzouno d’Êrbivouè mantinyon la tradihyon

Aquim, Lelà, Flup et Péno, Didji, Tsouille, Scritch, Bogosse, Bobino, Kiko,
Boys, Quam, Gibassier, Peppone, Flingo, Valba, Mido, Hibernatus

Hou a Dyondyon, a Bounè, a Féhu,
a Nène, a la Nère, a Djidje, a Gangan,
hou au Grand, a Chorka, a Bachè, a Ch’mon, a Mono …

Scène 22 // Rester debout

Mémoire. (à Paul, doucement) Les anciens nous tirent les oreilles, mon petit Paul…

Paul. (surpris) Les anciens ?
Mémoire. Oui. Écoute : « Les années nous ont recouverts de silence… On nous a oubliés. On a oublié l’An dou fu. »
Paul. (comme s’il entendait) Ils nous comprennent. Personne n’aime parler de ce qu’il a perdu…

Chant final - «L’équerre et le fil à plomb»

Solo PauleDu père du grand-pèr’ de mon arrièr’-grand-père,
je tiens dans les mains le fil à plomb et l’équerre
qui ont servi à rebâtir les murs de ma maison
 
Voix enfantsQu’allons-nous faire de cet héritage ?
Nous prenons le droit d’y croire encore
Nous sommes prêts à reconstruire
ce que certains mettent tant de soin à démolir
 
TousEt tourne la roue
Et tournent les jours
La mémoire nous revient à travers le miroir
Colporteurs de bravoure en chemise de lin,
les anciens nous saluent sur papier chamoisé
Les anciens près de nous leur outil à la main
 
Solo PauleAux quatre temps ma mèr’, les vents nous sont contraires
Je dis mon espoir de ciel ouvert et de lumière
et pas question de s’incliner devant l’obscurité
 
Voix enfantsCela veut dire du pain sur la planche
Nous prenons le droit d’y croire encore
Nous sommes prêts à reconstruire
ce que certains mettent tant de soin à démolir
 
TousEt tourne la roue
Et tournent les jours
La mémoire nous revient à travers le miroir
Colporteurs de bravoure aux parfums de regain,
les anciens nous saluent sur papier chamoisé
Les anciens près de nous leur outil à la main

Chant «Le Bel été»

Les hommesLe soleil est déjà haut
Mon Dieu ce qu’il fait beau
Le coq à son clocher,
la crête à la bise
tourné vers le chef-lieu
où c’est jour de marché
Les granges sont pleines
le village respire
 
Les femmesÉté, le bel été
Au plus frais de la cuisine qui résonne
dans le plat la joue tiède des framboises
A moitié fraise, à moitié mûre
deux litres de groseilles
voici vingt pots de confiture
qui mettront du soleil
à la table de l’hiver
 
Les hommesVers les hauts,
Vers les hauts prés,
les derniers à faucher
Les manches retroussées
et la pipe allumée
dans le dos les dix heures,
la fourche et le râteau
 
Les femmesElle est pour bientôt la jolie phrase des petits pois
que les enfants vont épeler dans le bidon de fer
Il est pour demain, cheveux ébouriffés,
le glorieux tas de haricots qu’il faudra préparer
 
Les hommesPar les hauts
Mon Dieu ce qu’il fait beau
Il est temps d’aller glisser
l’éclair de la faux
sous le foin de juillet
Et de faire crépiter les étincelles
que font sur l’andain les sauterelles
 
Les femmesEté, le bel été
Les hommes sont partis
Du jardin à la cuisine
il n’y a pas de répit
Ce jour de juillet a pour nous les femmes
et pour les enfants
le goût des virgules au beurre
et des carottes nouvelles
 
Les hommesPar les hauts
Le soleil est déjà chaud
Mon Dieu ce qu’il fait beau

Chant «Le Bel été»

Les hommes
Le soleil est déjà haut
Mon Dieu ce qu’il fait beau
Le coq à son clocher,
la crête à la bise
tourné vers le chef-lieu
où c’est jour de marché
Les granges sont pleines
le village respire

Les femmes
Été, le bel été
Au plus frais de la cuisine qui résonne
dans le plat la joue tiède des framboises
A moitié fraise, à moitié mûre
deux litres de groseilles
voici vingt pots de confiture
qui mettront du soleil
à la table de l’hiver

Les hommes
Vers les hauts,
Vers les hauts prés,
les derniers à faucher
Les manches retroussées
et la pipe allumée
dans le dos les dix heures,
la fourche et le râteau

Les femmes
Elle est pour bientôt la jolie phrase des petits pois
que les enfants vont épeler dans le bidon de fer
Il est pour demain, cheveux ébouriffés,
le glorieux tas de haricots qu’il faudra préparer

Les hommes
Par les hauts
Mon Dieu ce qu’il fait beau
Il est temps d’aller glisser
l’éclair de la faux
sous le foin de juillet
Et de faire crépiter les étincelles
que font sur l’andain les sauterelles

Les femmes
Eté, le bel été
Les hommes sont partis
Du jardin à la cuisine
il n’y a pas de répit
Ce jour de juillet a pour nous les femmes
et pour les enfants
le goût des virgules au beurre
et des carottes nouvelles

Les hommes
Par les hauts
Le soleil est déjà chaud
Mon Dieu ce qu’il fait beau

Chant «Solidaires»

En cordée sur le glacier
ou dans la cour battre le blé
Un éclair, les ponts coupés
au coude à coude entre voisins

A deux, à sept, à huit
on remet la maison à neuf
C’est tellement plus facile
la courte échelle au quotidien
Donner du cœur à ses mains

Quatre bras, pas un de moins
pour faire claquer le drap de lit
Quatre mains sur le clavier
et c’est Mozart dans tout l’quartier

A deux, à sept, à huit
on remet la maison à neuf
C’est tellement plus facile
la courte échelle au quotidien
Donner du cœur à ses mains

Joli mot que s’entraider
Protégeons-le de la poussière
de l’arrogance et de l’oubli
Protégeons-le des malfaisants
ceux qui n’ont que mépris
pour notre Terre
et nos libertés

A deux, à sept, à huit
on remet la maison à neuf
C’est tellement plus facile
la courte échelle au quotidien
Donner du cœur à ses mains

Chant «Dissonance»

La populationAprès la bise, la terrible bise,
nous vient de Fribourg
le savant Amédée
et ses crayons bien aiguisés
 
AmédéeJe ne tiens pas à chanter plus haut
que les ténors de l’urbanisation
Mon seul désir est de vous offrir
les bons outils de sécurisation
 
La populationNous ne voulons pas de vos carrés,
de vos jardins bien alignés
tout conformés, au garde-à-vous, disciplinés
Rendez-nous nos contours et nos détours
les escaliers devant le four
la tonnelle en abat-jour
Rendez-nous nos loyett’ et nos bûchers
le cagibi au fond d’la cour
 
AmédéeComprenez bien, nous somm’ condamnés
à nous porter vers l’efficacité
Normaliser dit le règlement,
un point c’est tout, à nonante degrés
 
La populationSi vous êtes roi sur le damier,
ne comptez pas nous déplacer
comme les pions, comme les fous sur l’échiquier
Rendez-nous nos contours et nos détours
les escaliers devant le four
la tonnelle en abat-jour
Rendez-nous nos loyett’ et nos bûchers
le cagibi au fond d’la cour
 
AmédéePourquoi bloquer, il faut adapter
son horizon à la modernité
A l’avenir, les lignes sont droites
Mais il ne tient qu’à vous
que vos maisons
ne soient pas que des boîtes

Chant «Dissonance»

La population
Après la bise, la terrible bise,
nous vient de Fribourg
le savant Amédée
et ses crayons bien aiguisés

Amédée
Je ne tiens pas à chanter plus haut
que les ténors de l’urbanisation
Mon seul désir est de vous offrir
les bons outils de sécurisation

La population
Nous ne voulons pas de vos carrés,
de vos jardins bien alignés
tout conformés, au garde-à-vous, disciplinés
Rendez-nous nos contours et nos détours
les escaliers devant le four
la tonnelle en abat-jour
Rendez-nous nos loyett’ et nos bûchers
le cagibi au fond d’la cour

Amédée
Comprenez bien, nous somm’ condamnés
à nous porter vers l’efficacité
Normaliser dit le règlement,
un point c’est tout, à nonante degrés

La population
Si vous êtes roi sur le damier,
ne comptez pas nous déplacer
comme les pions, comme les fous sur l’échiquier
Rendez-nous nos contours et nos détours
les escaliers devant le four
la tonnelle en abat-jour
Rendez-nous nos loyett’ et nos bûchers
le cagibi au fond d’la cour

Amédée
Pourquoi bloquer, il faut adapter
son horizon à la modernité
A l’avenir, les lignes sont droites
Mais il ne tient qu’à vous
que vos maisons
ne soient pas que des boîtes

Chant final - «L’équerre et le fil à plomb»

Solo Paule
Du père du grand-pèr’ de mon arrièr’-grand-père,
je tiens dans les mains le fil à plomb et l’équerre
qui ont servi à rebâtir les murs de ma maison

Voix enfants
Qu’allons-nous faire de cet héritage ?
Nous prenons le droit d’y croire encore
Nous sommes prêts à reconstruire
ce que certains mettent tant de soin à démolir

Tous
Et tourne la roue
Et tournent les jours
La mémoire nous revient à travers le miroir
Colporteurs de bravoure en chemise de lin,
les anciens nous saluent sur papier chamoisé
Les anciens près de nous leur outil à la main

Solo Paule
Aux quatre temps ma mèr’, les vents nous sont contraires
Je dis mon espoir de ciel ouvert et de lumière
et pas question de s’incliner devant l’obscurité

Voix enfants
Cela veut dire du pain sur la planche
Nous prenons le droit d’y croire encore
Nous sommes prêts à reconstruire
ce que certains mettent tant de soin à démolir

Tous
Et tourne la roue
Et tournent les jours
La mémoire nous revient à travers le miroir
Colporteurs de bravoure aux parfums de regain,
les anciens nous saluent sur papier chamoisé
Les anciens près de nous leur outil à la main

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